La Généalogie et l’Adn

La quête de l’ancêtre se renouvelle perpétuellement, après la mode de la psycho-généalogie, un nouveau cap est en train de se franchir avec les tests ADN généalogiques !
Venus des Etats-Unis, interdits pour l’instant en France mais accessibles sans restriction sur Internet, ces tests font la fortune des laboratoires européens ou américains. Pour une facture allant de 100 à 1000 euros et un prélèvement de salive, le « généalogiste » ( !) connaît l’origine de son ascendance : celte, juif, peul, mongol, etc. et peut remonter à un groupe humain vivant à la préhistoire (!), c’est ainsi que l’on a appris ces dernières semaines qu’ « Ötzi », l’homme dont le cadavre momifié a été retrouvé par hasard 4500 ans après son décès dans la neige à la frontière italo-autrichienne, n’avait pas eu de descendance mais pouvait avoir des origines corses ou sardes. Il paraît que les Français sont après les Allemands les meilleurs clients des laboratoires de génétique. Cette recherche génétique est, disons, intéressante pour résoudre les énigmes historiques qui ont occupé des générations d’historiens comme les mystères Louis XVII, Gaspard HAUSER ou l’affaire Anastasia mais était-il souhaitable qu’elle fasse partie des techniques de recherches généalogiques ? Rappelons que la génétique ou génomique dite récréative est interdite sur le territoire français, les tests ADN ne sont légaux que si il y a une finalité médicale, judiciaire ou scientifique (article 1610 du code civil). Un gène ne récapitulera jamais l’histoire sociale d’un être humain, d’une famille et… c’est rassurant pour notre passion.

 

Michel Sementery

1 réponse
  1. Pierre Gendreau-Hétu
    Pierre Gendreau-Hétu dit :

    Bonjour,

    Généalogie et anthropologie se rejoignent dans l’ADN et cette rencontre insuffle à l’histoire des familles une précieuse dimension expérimentale. L’ADN est à l’histoire des populations ce que le carbone 14 est à l’archéologie. Si la recherche en généalogie se veut scientifique, elle n’a de choix d’employer les outils qui mènent à la vérité, que la documentation soit matérielle ou biologique. Cela pose évidemment un problème éthique en relation aux vivants. La population née de Nouvelle-France, le Québec d’aujourd’hui, a pris le virage de la généalogie par ADN et procure une photo ADN de la France du 17e s. Il est à souhaiter que le cadre législatif français prenne acte du fait que le ciel n’est tombé sur la tête de personne dans les pays occidentaux où la généalogie par ADN se développe depuis deux décennies. Les études de généalogie profonde bénéficient grandement de l’ADN et je vous invite à lire un article qui en illustre parfaitement les retombées : « Pierre Miville, Jacob Bettex et lignées ADNy : sur la piste génétique de souches romandes du Québec », Jasmina Cornut , Rochat Loïc, (dir.), Revue vaudoise de généalogie et d’histoire des familles 2016, Lausanne : Editions Alphil, pp. 11-28 (http://www.ancetres.ch/index.php?id=145). Il paraît urgent de l’extérieur que la France cesse de brimer la science participative qu’alimente l’activité généalogique. Plusieurs Québécois ont déjà pu remonter leur histoire familiale au 16e s., voire au-delà, grâce à la collaboration individuelle d’homonymes français.

    La France passe à côté d’un âge d’or de la généalogie, qui devient plus scientifique que jamais et revient à l’université par la grande porte. L’histoire doit s’ouvrir aux sciences naturelles et la généalogie hors France montre la voie, notamment dans les pays anglo-saxons. Généticiens et historiens y collaborent de façon inédite. L’étude de Richard III à Leicester n’en est que l’illustration la plus médiatisée.

    Les Projets Québec ADNy et ADNmt sont toujours intéressés à collaborer avec les chercheurs français déçus par leur code civil et l’inertie juridique de leur gouvernement. L’Internet permet les transactions en ligne et une entreprise sérieuse comme Family Tree DNA (née à la University of Arizona en 1999) peut toujours répondre aux besoins en recherche, qu’un échantillon de salive provienne de France ou d’ailleurs.

    Cordialement.

    Pierre Gendreau-Hétu

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